Descriptif

La paratuberculose est une maladie digestive contagieuse et incurable affectant les ruminants adultes. Cette maladie insidieuse et d’évolution lente est due à une Mycobactérie (Mycobacterium Avium Paratuberculosis). L’infection est très largement répandue et est à l’origine de lourdes pertes économiques.

Elle se caractérisée cliniquement par l’apparition d’une diarrhée chronique, d’abord intermittente, puis incoercible, cachectisante (amaigrissement extrême) et aboutissant à la mort. Le poil est piqué et terne. L’amaigrissement rapide, en quelques jours, est considérable malgré la conservation de l’appétit.

 

 

La paratuberculose est très sournoise Les jeunes bovins présentent une réceptivité maximale à l’infection pendant les 30 premiers jours de vie. Cette réceptivité diminue ensuite mais les risques demeurent jusqu’à 6 mois et plus. Les symptômes cliniques apparaissent souvent sur des animaux âgés de 2 à 10 ans. Ainsi, cette incubation longue de la maladie rend difficile le diagnostic et la mise en place de moyens de lutte.

La bactérie est extrêmement résistante dans le milieu extérieur (11 mois dans les bouses). La contamination se fait majoritairement par voie fécale-orale, au contact des bouses des adultes infectés ou éléments souillés par celles-ci. A un degré moindre, la bactérie peut être aussi transmise par la vache au veau pendant la gestation, lors de la prise colostrale ou l’alimentation lactée.

 

La paratuberculose est une maladie sournoise qui ne s’exprime pas toujours ! ! ! L’élevage est infecté et l’éleveur l’ignore.

Compte tenu du risque d’introduction de l’infection par l’achat d’un reproducteur, il est nécessaire de pouvoir déterminer un statut du troupeau en matière de paratuberculose. Pour ce faire, le GDS a développé des indicateurs  fiables, peu coûteux et applicables à grande échelle afin d’évaluer le niveau d’infection des cheptels.

 

Comment ?

Le lait est un support de choix pour effectuer des dépistages sérologiques à intervalles réguliers. L’indicateur « lait de tank » permet de suivre les cheptels indemnes et de détecter précocement des cheptels ayant de la paratuberculose à l’état latent, avant que la maladie ne s’exprime par des signes cliniques.

En élevage allaitant, un mélange de sérums lors de la prophylaxie permet de déterminer un niveau d’infection, pour un coût abordable.

Ces deux tests, sur lait de tank et mélange de sérums, sont assez sensibles pour identifier rapidement les cheptels infectés. La répétition de ces analyses dans le temps permet d’avoir des indicateurs de cheptels robustes et d’attribuer un statut à chaque élevage.

 

Quel est l’objectif ?

L’objectif principal est de détecter les élevages où la Paratuberculose est présente, avant que la maladie ne se déclare cliniquement, ce qui entraînerait des pertes économiques fortes pour l’éleveur.

Ces analyses sont un outil de prévention, qui permet d’intervenir en amont, c’est une vraie nouveauté en matière de Paratuberculose.

 

Quels sont les résultats ?

Trois niveaux ont été définis sur la présence de Paratuberculose :

1) faiblement ou très faiblement probable

2) probable

3) très probable.

Les résultats en lait et en viande sont très proches.

En moyenne en Pays de la Loire 84% des cheptels viande et 88% des cheptels laitiers ont un niveau de risque faible ou très faible.

A l’inverse 9% ont un niveau de risque probable de présence de Paratuberculose, et 5 autres % ont une présence de Paratuberculose très probable.

 

Que faire si le résultat sur mélange est élevé ?

Chaque année, le GDS adresse aux éleveurs le résultat de son indicateur troupeau. En cas de résultat défavorable, il est recommandé de procéder à un dépistage sérologique sur 20 vaches laitières de 3 à 5 ans ou de réaliser des analyses individuelles le sang des allaitantes présentes dans le mélange de sérums.

En fonction du résultat et de l’historique connu de paratuberculose dans le troupeau, un plan d’assainissement peut être envisagé. En collaboration avec le vétérinaire de l’élevage, le GDS prodigue un conseil technique personnalisé et apporte un appui financier pour le dépistage et la réforme précoce des animaux porteurs.

 

 

L’intérêt de la méthode

Le coût de ces analyses de mélange, ramené au cheptel, est très raisonnable ; les GDS le prennent en charge. Ils ont pu déployer ces analyses de dépistage à l’ensemble des cheptels.

La répétition de ces analyses permet d’avoir des indicateurs de cheptels réellement fiables au fil du temps.

Une attestation 1/1000

Afin de valoriser les statuts favorables, le GDS a lancé l’attestation « 1 pour mille ». Cette attestation de cheptel, valable un an, peut être délivrée sur la base de deux laits de tank ou mélanges de sérums en allaitant favorables entrecoupés d’une recherche de la bactérie dans les bouses dans les locaux par la technique PCR (recherche de l’ADN de la bactérie)

Cette combinaison d’analyses permet de préciser une situation favorable et, ainsi, de classer les cheptels « faiblement à risque ».

Une attestation possible

Pour les élevages qui ont des résultats très bas de manière répétée, une attestation de cheptel est possible ; il faut pour cela une analyse complémentaire qui détecte la bactérie elle-même, sur la base de prélèvements de bouses. Si cette analyse est négative, une attestation valable un an peut être délivrée par le GDS.

Cette attestation garantira que les bovins vendus, nés sur l’élevage, présentent un risque inférieur à 3 pour mille d’êtres positifs en sérologie.