Symptômes

Les conditions météorologiques de 2018 ont été particulières : printemps doux et pluvieux, été chaud et sec. Bref, des conditions défavorables au recyclage des strongles sur la pâture. Les dosages de pepsinogène effectués sur les génisses de 1ère année, à la rentrée en bâtiment, sont très faibles et témoignent de la faible infestation des génisses pendant la saison d’herbage. Ce faible contact parasitaire n’a pas généré suffisamment d’immunité.

Cette déficience peut constituer un plus grand risque d’infestation et pénaliser la croissance et la santé de ces génisses lors de la prochaine sortie à l’herbe.


Les principaux parasites:

 

Les strongles gastro-intestinaux 

Les strongles gastro-intestinaux sont des vers ronds parasites du tube digestif présents chez tous les bovins ayant accès au pâturage : dès lors que les bovins pâturent, ils sont infestés. Les strongyloses gastro-intestinales qu’ils provoquent sont extrêmement fréquentes et mondialement répandues.

Les espèces souvent retrouvées chez les bovins pâturant sous climat tempéré sont :

  • Ostertagia ostertagi et Trichostrongylus axei (dans la caillette),
  • Cooperia oncophora et Nematodirus helvetianus (dans l’intestin grêle),
  • Œsophagostomum radiatum (gros intestin).

Ostertagia ostertagi et Cooperia oncophora sont les plus fréquents. Il est communément admis qu’Ostertagia est le plus pathogène alors que le pouvoir pathogène de Cooperia reste modéré.

Chez les jeunes bovins en 1ère saison de pâturage, l’infestation par Cooperia et Ostertagia  est de règle.

Chez les bovins adultes, l’infestation par Cooperia devient rare mais celle par Ostertagia reste extrêmement fréquente (en savoir plus)

 

Les strongles pulmonaires

Il n’y a pas d’hôte intermédiaire dans le cycle des strongles respiratoires. Les larves de stade 1 sont excrétées dans les bouses. Certaines larves de stades 3 peuvent monter sur un champignon qui se développe dans les bouses. Lorsque ce champignon éclate pour disséminer ses spores, il dissémine également les larves L3 jusqu’à une distance de 3 mètres. Cela signifie qu’elles sont en dehors du cercle de répugnance des bouses, prêtes à être ingérées par les bovins. Les autres L3 restent dans les bouses et sont disséminées par le piétinement des bovins, par les eaux de ruissellement au encore via un vers de terre.

Une fois ingérées, les larves passent dans l’intestin. De là, elles gagnent la circulation sanguine puis les poumons. Dans les poumons, elles passent dans les bronches et deviennent adultes, pondent des œufs. Les larves remontent par la trachée et sont dégluties avant d’être excrétées dans les matières fécales.

Ces parasites ont un cycle rapide et les femelles pondent une très grande quantité d’œufs.

Il peut donc y avoir une grande quantité de parasite sur les parcelles lorsque les conditions sont favorables (chaleur et humidité).

Il y a des animaux qui sont porteurs latents de strongles respiratoires et qui peuvent être à l’origine de la contamination d’un élevage, surtout si les animaux sont naïfs. Comme toujours, il faut être prudent à l’introduction d’un animal et effectuer un traitement si cela s’avère nécessaire.(en savoir plus…)

 

Grande douve du foie 

La grande douve (Fasciola hepatica) et le paramphistome (Calicophoron daubneyi) sont deux trématodes avec des cycles parasitaires très semblables. Les œufs excrétés par les ruminants vont éclore en milieu aquatique, libérant une larve. Ce miracidium va rechercher son hôte intermédiaire, un petit escargot aquatique. Des études récentes ont révélé que la limnée tronquée n’est plus la seule contaminée et que d’autres limnées, voire des planorbes sont également infestées. Les cercaires libérées se fixent sur un brin d’herbe et s’enkystent sous forme métacercaire qui sera ingérée par le ruminant. (en savoir plus…)

 

Paramphistomes du rumen

Considéré comme anecdotique au début des années 90, il est aujourd’hui très largement répandu. Cette émergence est liée à 3 facteurs : une baisse globale de la grande douve qui a ouvert un espace écologique, une utilisation de douvicides spécifiques non-actifs sur le paramphistome dans les années 80 et le développement du plein-air.

Sur de jeunes animaux, on peut observer en fin de printemps ou en fin d’automne des diarrhées noirâtres parfois mortelles. Elles sont dues à la migration massive de larves au niveau de la caillette et très difficiles à diagnostiquer. La clinique classique apparaît après plusieurs années : amaigrissement, diarrhée chronique entrainant une baisse des défenses immunitaires. Elle est due à l’accumulation des parasites adultes dans le rumen, un paramphistome pouvant vivre plus de 5 ans en absence de traitement. (en savoir plus)

 

Coccidies

La coccidiose est une maladie parasitaire qui détruit les cellules de l’intestin grêle et du gros intestin. Elle affecte essentiellement les jeunes avec des pertes économiques majeures souvent sous-estimées en atelier veaux. 

Le cycle du parasite comporte 2 phases une dans le milieu extérieur et une à l’intérieur de l’hôte.

A l’intérieur du tube digestif, le parasite se multiplie tout d’abord, dans les cellules superficielles de l’intestin grêle donnant des petits éléments appelés du nom barbare de « schizozoïtes » qui vont alors coloniser les cellules du gros intestin et provoquer l’éclatement de toutes les cellules superficielles (l’épithélium) et les symptômes associés à ces dégâts !
Lors de cette phase, le parasite produit des œufs appelés « Ookystes » qui vont à leur tour coloniser le milieu extérieur assurant ainsi le cycle parasitaire. Il se passe 16 jours à partir de l’entrée du parasite pour provoquer les symptômes.

A l’extérieur, les ookystes se transforment et « sporulent » (ils deviennent infectieux). Cette étape va dépendre des conditions environnementales rencontrées par le parasite. Chaleur, humidité et obscurité sont favorables à la sporulation. A 20 °, cette phase ne prend que 3 jours.
Quoiqu’il en soit le parasite est très résistant dans le milieu extérieur, il peut survivre des mois voir des années.