En matière de coût sanitaire, les boiteries représentent désormais le problème sanitaire n°2 après les mammites.

Les modes d’élevage actuels (maintien plus important en stabulation sur sols bé tonnés), les agrandissements de troupeau sont notamment à l’origine de cet état de fait. La surveillance de l’évolution des boiteries est rendue difficile par le nombre d’animaux, le couchage en logettes, la traite robotisée, la diminution de présence au contact des animaux.

Depuis quelques années, la dermatite agitée (maladie de Mortellaro), s’est propagée dans les troupeaux. Un oeil extérieur peut vous être apporté dans le cadre de votre adhésion GDS, par un audit boiterie. Lors de cette intervention, le vétérinaire listera les différents points propices à l’émergence des boiteries et les solutions possibles à apporter.

boiterie de bovin

Le pied de la vache est formé de deux doigts protégés par un tissu épidermal dur : la corne. La corne pousse à raison de 4 à 5 mm par mois. Elle représente une véritable barrière pour protéger les tissus internes du pied et transfère le poids de la vache du squelette au sol. Le poids de l’animal n’est pas réparti équitablement sur chacun des onglons. Les onglons externes portent davantage que les internes en raison du déplacement de l’animal. En effet, lorsqu’elle marche, la vache déplace ainsi sa ligne de dos de 2,5 cm alternativement à gauche et à droite et donc par la même occasion son poids sur l’onglon externe gauche puis ensuite l’interne.

Le vif produit la corne. Il est fortement irrigué et innervé. Un peu comprimé, il produit davantage de corne de mauvaise qualité. Mal irrigué localement, il souffre et n’en produit provisoirement plus.

 

Savoir reconnaître un animal boiteux : quel diagnostic ?

1er geste : Prise de la température à effectuer sur un animal boiteux :

La température de l’animal est une information objective. Une température élevée révélera une infection probable : panaris, abcès de sole… Mais l’absence de température ne signifie pas forcément l’absence d’infection même locale sans incidence visible sur l’état de santé général de l’animal. Il s’agit d’une information supplémentaire et d’un bon réflexe à avoir pour n’importe quelle suspicion sur une vache malade.

 

2ème geste : Lever le pied d’un animal boiteux :

Cette étape permet de vérifier l’intégrité de la peau interdigitée et/ou de détecter des lésions de l’onglon dans le cas d’un panaris, ou dans le cas contraire, de rechercher éventuellement la ou les lésions responsables. Veillez toutefois à lever le pied en toute sécurité avant d’intervenir. Le lever vertical du pied apparaît comme une technique adaptée, rapide, facile, efficace et sûre.

 

3ème geste : le parage :

Principales causes de boiteries, les onglons externes sont directement responsables des boiteries dans plus de 55 % des cas. En cas de boiteries, suspecter les onglons externes, c’est déjà avoir plus d’une chance sur deux d’avoir raison !

 

Principales pathologies en élevage

 

Panaris (Phlegmon interdigité ou Piétin contagieux)

 

Signes cliniques :

  • Apparition soudaine
  • Boiterie sévère et parfois de non-appui
  • Avec ou sans hyperthermie

Lésions caractéristiques :

  • Inflammation symétrique de la couronne et du paturon plus marquée dorsalement et ventralement
  • Très nauséabond
  • Lésions nécrotiques dans la région interdigitale sous forme de fissures

 

Facteurs d’apparition :

Humidité élevée, stabulation libre malpropre, pâturage détrempé surtout autour des mangeoires, sol ou pâturage favorisant l’apparition d’un traumatisme

 

 

Maladie de Mortellaro (Dermatite digitale ou digitée)

 

Signes cliniques :

  • Boiterie importante surtout au niveau des membres postérieurs
  • La vache atteinte lève ses pieds arrière constamment
  • La région au dessus de la muraille n’est pas enflée

 

Lésions caractéristiques :

  • Inflammation de la région plantaire de l’espace interdigitale pour s’étendre plus haut sur les talons
  • D’abord érosion, suivie d’une lésion ulcérative ou granuleuse ressemblant à une fraise
  • Lésions entre 1 et 6 cm
  • Lésions nauséabondes

 

Facteurs d’apparition :

Humidité, Propreté, Sol abrasif

 

 

Fourchet

 

Signes cliniques :

  • Inflammation superficielle de la région interdigitée sans perte d’intégrité de la peau

Lésions caractéristiques :

  • Epiderme interdigital inflammé sans ulcération
  • Nauséabond
  • Région interdigitale recouverte d’un mince film blanchâtre
  • Erosions du bulbe ou des crevasses en talon fréquente

 

 

Abcès de la sole (Pododermatite sceptique)

 

Signes cliniques :

  • Augmentation de la pression dans l’onglon
  • Boiterie très douloureuse pouvant aller jusqu’à aucun appui permis par l’animal sur ce pied
  • Apparition soudaine

 

Lésions caractéristiques :

  • Présence de pus s’écoulant d’une ouverture à la pression de la sole

 

Facteurs d’apparition :

  • Plaie pénétrante
  • Ulcère de sole infecté
  • Infection de la ligne blanche jusqu’au sous la sole

 

 

Fourbure (pododermatite aseptica)

 

Signes cliniques :

  • Aiguë (rare en bovins) : Marche difficile, onglon chaud, douloureux, piétinement constant
  • Subaiguë : Décoloration rougeâtre ou jaunâtre sous la corne
  • Chronique : Forme du sabot anormale, Onglon large, aplati, la muraille dorsale concave avec des sillons horizontaux

 

Lésions caractéristiques :

  • Hémorragie de la sole
  • Ulcère de la sole
  • Hémorragie et séparation de la ligne blanche
  • Déformation de la sole

Facteurs d’apparition :

  • Alimentation : Acidose ruminale
  • Métrite, mammite aiguë
  • Environnement : Confort, surface… tout ce qui augmente le temps passé debout
  • Parage inadéquat
  • Maladies métaboliques : fièvre vitulaire…

 

 

Ulcère de la sole (Pododermatite circumscripta)

 

Signes cliniques :

  • Boiterie variable, souvent bilatérale
  • + fréquent chez les animaux aux onglons anormaux, trop longs
  • Douleur à la pression
  • L’ulcère peut s’infecter et envahir les zones voisines

 

Lésions caractéristiques :

  • Zone hémorragique ou décolorée à la jonction de la corne du bulbe de la sole et de la muraille axiale
  • Possibilité de présence d’un bouton de chair à un stade chronique

 

Facteurs d’apparition :

  • Usure insuffisante et inégale des sabots
  • Des vaches 100% du temps toute l’année sur le béton
  • Sélection génétique diminuant l’absorption des chocs et augmentant la pression sur le chorion.

En savoir plus : https://www.m-elevage.fr/boiteries-des-bovins-se-poser-les-bonnes-questions/