La strongylose pulmonaire ou bronchite vermineuse (« toux d’été ») est une maladie respiratoire chez les bovins causée par un parasite appelé Dictyocaulus viviparus. Il cause d’importants dégâts dans le poumon et obstruent les voies respiratoires. Ceci entraîne une détresse respiratoire aboutissant parfois à la mort de l’animal.

Cycle externe

La phase externe est courte (< 10 jours). Les bovins infestés ne pondent par œufs mais directement des larves de 1ère génération (L1). Celles-ci évoluent rapidement sur la pâture pour donner des larves L3.

Les larves restent dans les bouses et sont disséminées par le piétinement des animaux et par les eaux de ruissellement.

Il existe également un champignon coprophile (Pilobolus kleinii) se développant à la surface des bouses. Les larves L3 se hissent au somment du champignon (sporange) qui, à maturité, éclate et permet la propulsion des larves infestantes dans un rayon de 3 mètres et donc au-delà de l’anneau des bouses. Le bovin consomme alors les larves avec les spores du champignon.

Les larves sont peu résistantes dans le milieu extérieur : Les larves L3 survivent 2 mois au printemps et en automne, à peine 1 mois en été. Elles sont sensibles à la sécheresse, aux températures élevées. Elles sont détruites par le froid hivernal.

Cycle interne (durée 25 jours)

Il dure 25 jours. Les larves ingérées traversent  la muqueuse intestinale et remontent par voie lymphatique et sanguine vers le cœur. Elles passent dans les artères pulmonaires et s’installent dans les bronches. Les larves atteignent leur maturité sexuelle dans les poumons et pondent dans les bronches. Les dictyocaules sont très prolifiques : jusqu’à 25 000 œufs par jour.

Les œufs éclosent et évoluent rapidement en larves  L1. Celles-ci remontent les bronches sous l’effet de toux et sont dégluties ou expectoriées directement dans le milieu extérieur.

Symptômes

Classiquement, les symptômes se déclarent vers fin juin-début juillet, soit le temps nécessaire à la réalisation de 2 à 3 cycles parasitaires après la mise à l’herbe.  On l’appelle toux d’été. Mais aujourd’hui, on constate des cas de bronchites vermineuses dès le printemps, notamment si l’hiver a été doux, et jusqu’à la fin de l’automne en cas de contamination massive.

La maladie est explosive car cycle est rapide et le parasite très prolifique (25 000 œufs sont pondus par jour). Or, il suffit de seulement  200 dictyocaules adultes pour déclencher un épisode clinique

La réponse immunitaire est rapide (3 semaines), forte mais très fugace, en l’absence de contact parasitaire régulier. L’animal ne conserve pas la mémoire de l’immunité.

Les dictyaucoles adultes font de 3 à 8 cm de long et prennent la forme de vermicelle. En pénétrant dans les bronchioles et  les alvéoles pulmonaires, ils endommagent le tissu pulmonaire. Ils obstruent progressivement les bronches et la trachée. A un stade avancé, l’inflammation des tissus favorise les complications bactériennes ou virales.

Les symptômes apparaissent entre juin et octobre, sur plusieurs bovins d’un même lot. On observe une toux sèche quinteuse provoquée par les déplacements, un essoufflement et un écoulement nasal. Ces signes peuvent être associés à de la fièvre, à une diminution de la prise alimentaire, et à une baisse des performances. L’évolution de la maladie peut aboutir à une sévère détresse respiratoire et à la mort de l’animal par asphyxie. 

Les réinfestations peuvent donner lieu à des manifestations pulmonaires allergiques évoquant l’asthme, et à des complications infectieuses.

Même après traitement, les lésions peuvent persister pendant 1 mois, voire devenir irréversibles et entraîner une toux chronique.

Facteurs de risque

Les sources majeures de parasites sont constituées par les bovins infestés, asymptomatiques (porteurs latents) introduits dans un cheptel sain. En raison de l’extrême prolificité du parasite, la contamination des pâtures peut être rapide et massive. 

L’infestation est largement dépendante des conditions climatiques. Une alternance chaleur et humidité est propice à l’infestation des pâture : un hiver doux suivi d’un printemps doux et humide et d’une période estivale, sans sécheresse avec quelques orages favorise le recyclage des parasites.

Associée à la météorologie, la conduite du troupeau à l’herbe peut être également un facteur de risque : surpâturage, pâturage des jeunes après déprimage par des bovins adultes ″porteurs sains″ ou mélange de générations (cas des allaitants).

Diagnostic

Il repose sur la recherche de larves L1 sur des prélèvements de bouses de quelques bovins qui toussent. La sensibilité est  très bonne mais peut dépendre de la réalisation du prélèvement (directement dans le rectum) et de son acheminement (sous couvert de froid en 24 h max).

Prévention et traitement

La rotation de parcelle permet de maintenir une faible charge parasitaire sur les pâtures. Les transitions alimentaires de quelques jours avec du foin, de la paille, du concentré réduisent les risques d’une infestation rapide et importante

En cas d’infestation, une intervention rapide est nécessaire. Un traitement curatif est appliqué accompagné d’un changement de parcelle. En fonction des surinfections et des réactions inflammatoires, un traitement antibiotique et/ou inflammatoire peut être nécessaire.

Pascal LE BEGUEC GDS 53